Lecture : 3 minsLes logiciels au service de la formation, mais pas du transfert de compétences

De nombreuses organisations ont investi massivement dans les technologies d’apprentissage notamment des logiciels de formation, principalement pour suivre un mouvement rapide. Ne pas faire d’e-learning c’est ringard. Mais comment qualifier d’en faire sans réfléchir ?

Le progrès technologie ne révolutionne pas tout. Le clavier est toujours azerty afin de ralentir notre vitesse de frappe. Les écrans n’ont pas changé notre façon de lire, pire ils auraient notre vitesse de lecture et notre mémorisation.

L’e-learning a voulu apporter du contenu facilement au plus grand nombre. Mais les formations en ligne n’ont pas fait grand-chose pour insérer l’apprenant dans le processus d’apprentissage.

L’e-learning est la preuve la plus flagrante qu’on n’applique pas ce que l’on sait sur le transfert des compétences.

Un accès plus large à un apprentissage inefficace laisse une société en stagnation avec l’effet pervers de la dévalorisation. « Je ne réussis pas alors que j’ai eu une formation, je suis vraiment mauvais » et c’est tout un pan de la société qui est frustré et dévalorisé, croyant être responsable d’un échec.

C’est pourquoi nous devons aller plus loin et aller au cœur du processus de transfert des compétences pour comprendre les éléments et les interactions nécessaires à la réussite.

L’e-learning s’est construit en copiant les faiblesses de la formation en présentiel. Mais sa grande sœur, elle a un potentiel phénoménal, mais qu’on ne découvrira qu’après une analyse critique des causes de l’inefficacité.

Sans les fondamentaux de l’andragogie, tous les efforts resteront vains.

Andragogie – définition du Larousse : Science et pratique de l’éducation des adultes

Transfert de compétences

Pour mettre en œuvre une compétence de façon durable, les recherches en sciences cognitives montrent que pour apprendre la maitrise de compétences les activités suivantes sont essentielles :

– Voir des exemples authentiques de pratiques dans leur contexte. L’humain apprend par la copie dès son plus jeune âge.

– Comprendre la théorie derrière la pratique. On se demande toujours pourquoi.

– S’entraîner dans le contexte et obtenir des feedbacks, car il est difficile de s’autojuger.

– Travailler en collaboration avec d’autres personnes concernées dans le contexte pour affiner ses nouvelles compétences progressivement. C’est en forgeant qu’on devient forgeron et on progresse mieux avec d’autres.

Le fait de ne pas donner aux apprenants l’accès à toutes ces activités entraîne une réduction radicale de l’acquisition de compétences. Pourtant, notez bien que la plupart des apprenants font preuve d’un haut niveau de compréhension après s’être simplement fait présenter la théorie.

Cela incite les équipes de formation à croire qu’elles sont efficaces alors qu’en réalité, rien n’est moins sûr… La perception ici est alors très différente de la réalité.

Selon une étude 5 % seulement des apprenants sont capable de mettre en application un savoir acquis par la théorie.

Entre maitriser la théorie et être capable de la mettre en œuvre, il y a un fossé que beaucoup ne franchissent pas.

Si un changement de comportement réel est important pour votre organisation, vous ne pouvez pas vous contenter de la transmission de connaissance. Cela ne permet pas de surmonter les obstacles réels.

La première étape est d’exposer les apprenants à des exemples authentiques de compétences, les mettre en situation du problème à résoudre puis leur apporter des feedbacks.

S’il suffisait de diffuser un contenu pour maitriser des compétences, nous aurions tous des milliers de talents avec YouTube et les plateformes de MOOC.

La révolution des médias nous ont appris une chose, c’est que la diffusion de l’information ne peut concurrencer les modèles qui invite les gens à contribuer, à adapter et à affiner leurs connaissances.

S’il n’y avait qu’une seule information à retenir de cette partie, c’est que le contexte est ce qui donne le sens au contenu.

C’est important, car notre conceptualisation d’un savoir fonctionne naturellement ainsi :

Conceptualisation

Le Langage figuratif suggère des significations et c’est l’auditeur ou le lecteur qui doit trouver la nouvelle référence.

La méthode qui s’y oppose est par l’utilisation du langage littéraire, et très souvent pour permettre la compréhension d’une notion, on finit par utiliser un exemple ce qui est le langage figuratif.

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